Le Programme est structuré autour de 4 phases qui vont de l'engagement jusqu'au sommet de l'excellence.
la phase 1 : l'engagement
La municipalité intéressée s’adresse au coordonnateur qui lui donne toute l’information requise. Une rencontre sur place peut être organisée. La municipalité fournit les résultats qui démontrent que la qualité de l’eau traitée respecte le Règlement sur la qualité de l’eau potable (RQEP).
Lorsque la municipalité confirme sa volonté, le coordonnateur prépare une entente RÉSEAU environnement – Municipalité qui sera signée lors d’une conférence de presse avec les médias et les dirigeants municipaux incluant les élus. Il faut comprendre qu'il s'agit d'un engagement collectif à viser 100% qualité, 100% du temps et que l'aspect «faire savoir» est important. Les citoyens doivent savoir que leur municipalité s'est donnée les plus hauts standards de qualité et qu'ils peuvent avoir confiance dans le traitement de leur eau.
la phase 2 : compiler les données de référence
Cette phase se limite à une compilation de données de turbidité de l'eau filtrée à l'aide d'un logiciel de traitement statistique. Le but est d'établir quelles étaient les performances lors de l'adhésion au Programme et de servir ainsi de base à une comparaison avec les performances des années suivantes. La feuille de calcul Excel est fournie à la station par le Programme. Les données concernant l’enlèvement des cryptosporidium, giardia et virus sont également compilées.
Sauf exception, on se contente de traiter les données disponibles en s’assurant de leur qualité.
la phase 3 : autoévaluation et optimisation
L’équipe de la station procède à une évaluation de la performance de chaque élément de la station et identifie tout ce qui peut constituer une limite à de meilleures performances (objectif : 100% qualité, 100% du temps). Un manuel fourni par le Programme décrit de façon détaillée chaque élément de cette démarche. C'est la traduction d'un manuel de la Research Foundation de l'AWWA.
Dans un premier temps on analyse les données de turbidité existantes à l'eau brute, à l'eau décantée, à l'eau filtrée pour identifier la présence de pics. Ces pics sont par la suite investigués pour voir s'ils sont ou non la conséquence d'un pic provenant de l'amont (eau brute par exemple).
À cette étape, on s'assure également que chaque maillon de l'usine a bien la capacité de traiter adéquatement la pointe de débit déjà produite. Cette analyse est conduite par une autre feuille de calcul Excel fournie par le Programme.
Dans un second temps, chaque maillon de la station est examiné sous l'angle de sa conception. Les questions posées visent à vérifier s'il n'y pas moyen de modifier légèrement les équipements pour obtenir de meilleurs résultats (ex. : changer de place un point d'injection pour obtenir un meilleur mélange; améliorer la répartition des débits entre les décanteurs). Le manuel permet une progression simple. Chaque possibilité d'amélioration est notée.
Troisième analyse portant cette fois sur l'opération. Les pointes de turbidité observées se produisent-elles dans des situations particulières : lors du lavage d'un filtre voisin, à la remise en eau d'un filtre après son lavage. Certains opérateurs maîtrisent peut-être moins bien que d'autres l'ensemble des procédés et auraient besoin de rafraîchir ou compléter leurs connaissances. Là aussi les solutions sont notées.
L'analyse des facteurs limitants est complétée en examinant cette fois les problèmes reliés à l'administration en suivant les questions du manuel et en notant les solutions.
L'étape finale de l'autoévaluation consiste à prioriser les solutions en tenant compte de l'importance des problèmes à régler mais aussi des difficultés et des coûts des améliorations. La liste en question devient le plan d'action de l'équipe. Un rapport est rédigé selon le modèle développé dans le Programme.
Avec la mise en oeuvre des améliorations, la qualité de l'eau devrait s'améliorer. Les gains sont alors documentés et démontrés pour être ajoutés au rapport.
Lorsque l'équipe estime avoir fait des gains significatifs, elle rédige son rapport de phase 3 incluant son plan d'action pour les prochaines années. Les objectifs chiffrés en matière de turbidité et des log d’enlèvement des cryptosporidium, giardia et virus doivent être atteints.
Le rapport est vérifié par le coordonnateur et validé par deux autres membres du Programme. Le travail de validation est encadré par un document AWWA de référence connu de tous. Lorsque la validation est positive, la station reçoit officiellement la distinction « optimisation » . Cette remise est publicisée. À ce jour, la station Sainte-Rose à Laval et celles Victoriaville et L’Assomption l’ont obtenue.
la phase 4
La distinction ultime de niveau Excellence récompense les stations qui :
- ont un suivi de performances de niveau supérieur;
- atteignent des critères de qualité d’eau de niveau également supérieur
- sont dotées et appliquent des procédures écrites couvrant l’ensemble des procédés et mesures
- ont des équipements redondants sur tout ce qui peut affecter la mesure et la qualité de l’eau
La station qui se porte candidate dépose un rapport selon une table des matières et un contenu pré-établis. Comme pour la phase 3, le rapport est évalué par des pairs selon des critères connus. En date du 1er avril 2007, seule la station de Victoriaville avait déposé sa candidature et son rapport était en évaluation. Si cette dernière est positive, la remise de la distinction fera l’objet d’un évènement public.